Prenons le pouvoir ? Chiche ! lundi 9 avril 2012 par Rouge Midi avec commentaires à la suite

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Prenons le pouvoir ? Chiche ! lundi 9 avril 2012 par Rouge Midi avec commentaires à la suite

Message par Admin le Mer 15 Mai - 15:30

« Ce sont les masses qui font l’histoire »
C’est ce propos de Marx qui vient à l’esprit quand on voit la mobilisation qui s’organise autour de la campagne électorale de Jean Luc Mélenchon.
Comment ne pas être avec ces travailleurs des entreprises en lutte qui de Bastille en meetings expriment au travers de cette campagne leur désir d’un autre avenir que celui que le capitalisme voudrait leur imposer ?
Rouges Vifs 13 est de ceux-là, même s’il a des interrogations et des critiques qu’il lui semble de sa responsabilité de faire partager :
Ainsi force est de constater que le programme partagé est bien en dessous du programme commun d’avant 1981 et même des 110 propositions qui avaient porté Mitterrand au pouvoir,
Il nous est difficile de croire possible la réalisation des ambitions affichées en l’absence de maitrise des banques, de la monnaie et des industries,
Il nous semble que la réorientation de la politique de la CEE est un doux rêve,
Difficile enfin de partager la forme qu’à prise ce front, où la dilution des identités dans le soutien à un homme aux qualités de tribun, fait passer à l’arrière plan la nécessité de « l’organisation » politique, organisation pourtant nécessaire pour espérer battre les serviteurs de l’impérialisme,
Mais le « fait majeur » est là : une grande part de ceux qui luttent, pousse cette candidature pour se réapproprier la politique.
Après des années de rupture entre le social et le politique, rupture née des déceptions créées par la gauche au pouvoir, les syndicalistes et nombre de celles et ceux qui s’étaient mobilisés pour dire NON à la constitution européenne, se saisissent de cette candidature pour dire haut et fort ce qu’ils refusent et le traduire en exigences politiques. Ils le font en espérant que se réalise, aujourd’hui, le rassemblement qui avait échoué après le référendum.
Certains observent, et ce n’est pas la moindre des questions pour nous, que la mobilisation ne touche pas encore la partie la plus écrasée de la classe ouvrière et en particulier celle qui, dans les quartiers et cités populaires est confrontée au chômage, aux discriminations et à la mal vie. L’abandon de celle-ci est trop ancien et la casse des conditions de vie trop forte pour qu’une campagne suffise à réduire la fracture.
Cela se traduit sans doute d’ailleurs dans des prévisions, qui elles échappent aux manipulations, et annoncent pour l’instant un nombre record de refus de vote.
Pour autant, au-delà du candidat et de la personnalisation à laquelle il contribue lui-même [1], au delà des jeux d’appareils qui sont autour de cette campagne, au-delà des craintes que l’on peut avoir sur de possibles arrangements électoralistes d’après présidentielles, c’est bien le mouvement qui doit retenir notre attention.
Il y a peut être une possibilité historique que le front populaire de notre temps que nous appelions de nos vœux dès avril 2005, se constitue 7 ans plus tard sous la poussée du peuple, à condition que celui-ci se garde des ornières citées plus haut et prenne la main sur la forme et le contenu de l’union.
Nous serions inconséquents de ne pas le voir et de ne pas aider en ce sens.
Quelles que soient les tribulations électorales (et les manœuvres sondagières), ce mouvement montre avec force que l’idée de rupture avec le capitalisme est vivace dans ce pays et qu’elle grandit dans cette mobilisation face à un système en crise. C’est bien cette volonté de rupture qui doit nous rassembler. « Nous voulons rompre avec le capitalisme » peut et doit devenir notre slogan commun.
Nous savons aussi que le soufflé peut retomber ou au contraire la machine s’emballer. Comme l’écrit un camarade « personne ne peut écrire aujourd’hui l’histoire des mois qui viennent ». A nous donc de saisir cet « os dans le gosier du Capital » et « nous intégrer à ce mouvement de releveurs de têtes pour peser de tout notre poids et de toutes nos tripes pour encourager nos camarades de "misère" à aller beaucoup plus loin, et, en premier lieu obliger les "tribuns" à faire gaffe à leurs miches, dans les semaines et les mois qui viennent. »
La chance de se mouvement sera justement de ne pas s’en remettre à un quelconque leader mais de se dire que, quelque soit le résultat électoral, il faudra peser plus fort pour ne pas subir à notre tour, après les grecs, les italiens, les espagnols et les portugais, les injonctions de la troïka.
Se taire sur les limites actuelles de ce rassemblement, serait contribuer à semer l’illusion.
Mais le nier ou douter de ce qu’il porte en germes, reviendrait à dire que nous ne voyons pas le mouvement et n’avons pas confiance en la capacité du peuple à transformer le monde : ce serait un comble pour les communistes que nous sommes !

[1] « Je me réjouis de voir que le mélenchonisme est entré dans le débat », « je suis une institution à moi tout seul »...


Commentaires

samedi 14 avril 2012 à 22h34 - par marie-christine burricand

Elle me va très bien la déclaration de rouge midi et je pourrai la signer sans hésiter, parce qu’elle dit "on est avec ceux qui cherchent une issue" sans masquer les contradictions ni se renier.
Paul, tu dis :"Risques de toute façon moins importants que le retour pour cinq ans de Sarkozy, du MEDEF, du talon de fer de l’Europe du capital."
Oui, il faut virer Sarkozy, parce qu’avec lui le pire est assuré et puis que cela fera du bien au peuple. Mais le Medef sera toujours là et le talon de fer de l’Union européenne aussi.
Et ce n’est pas seulement les miches de Mélenchon, Hollande ou autres qu’il faut viser. Parce que pour le Smig à 1700 euros et la retraite à 60 ans, il va falloir drôlement attaquer les miches du capitalisme international, de patronat mondial, de la BCE, de Merkel et Obama, de la commission européenne et autres. Avec la crise qui va s’aggraver et le combat de classe qui va se durcir !
Et, on ne peut pas s’imaginer qu’ils vont rendre gorge comme cela. Ce n’est pas un printemps qui nous attend mais un combat pour lequel il va falloir beaucoup de courage au peuple, mais aussi à un éventuel gouvernement qui irait dans ce sens. Ce n’est pas seulement la question de luttes victorieuses comme en 1995, mais un peuple qui se soulève et prend son destin en main. La Grèce est assez instructive de ce point de vue.
Pourquoi pas ? Mais je n’oublie pas que Mélenchon comme la direction du PCF sont au PGE et que la CGt a adhéré à la CES et qu’ils nous parlent toujours de "l’europe sociale". Je note que ceux au plan international qui se félicitent le plus du bon résultat prévisible du Front de gauche sont ceux qui ont fait dans leur pays le choix de la liquidation des partis communistes. Et cela serait bien d’avoir l’avis des partis communistes qui n’ont pas adhéré au PGE et de la FSM.
L’attitude de la direction du PCF est assez instructive. Dans la situation, elle pourrait travailler à populariser des propositions fortes de rupture avec le capital. Elle fait exactement le contraire : planquée derrière le programme partagé, un ton en-dessous du candidat...une manière comme une autre de ne pas trop faire monter la sauce pour préserver la possibilité de participer au gouvernement ?
Et c’est bien d’aller dans les meetings pour sentir les choses, ce que j’ai fait d’ailleurs à l’occasion de la venue de Mélenchon à Villeurbanne et je ne le regrette pas, mais c’est bien aussi de rencontrer ceux qui ne vont pas dans les meetings . Sur le marché des Minguettes comme à l’assemblée populaire du quartier, les gens ne sentent pas trop le vent de la révolution citoyenne. Ils vont voter Mélenchon ou Hollande pour battre Sarko et avec l’espoir que la situation sera un peu plus ouverte, ce qui est une certaine forme de lucidité aussi et ils pensent qu’il en faut beaucoup plus pour changer le monde que ce qui se passe aux présidentielles.
Alors, oui, s’il y a une chance de faire reculer le capital, que le peuple soit plus fort, qu’il remporte des victoires dans les mois qui viennent il faut y aller.
Mais ne perdons pas de vue la nécessité de la rupture, du socialisme, de l’organisation révolutionnaire par et pour le peuple. On peut peut-être faire un bout de chemin avec le front de gauche, mais notre horizon ne peut se limiter aux présidentielles, au programme partagé, et au résultat de Jean Luc Mélenchon.

jeudi 12 avril 2012 à 11h36 - par Alain Chancogne dit A.C.

« Je comprends que Rouge vif regarde d’abord le programme du Front de gauche et ses insuffisances, regardons aussi celui du PS : c’est grave. Comme sont graves certaines des positions de dirigeants syndicaux et autres par rapport à l’Europe.
Et il faudra faire sauter toute ces digues. »(fin de citation)
je partage mais nous avons certainemen tune approche divergente quant aux"digues"..et de quoi elle protègent.
Smile
Cher Camarade,
Etant de ceux qui disent que Mélanchon et la stratégie de FDG sont des digues mises par le Capital et la social démo pour empêcher toute visée COMMUNISTE, j’avoue que les "programmes"des uns et des autres, je m’en contrefous.
Je prends en compte ce qui "bouge" comme un besoin de refus nouveau et profond du "« c’est foutu, il faudra se faire saigner par la bande CAPITAL- FMI-BCE- et autant choisir le bourreau le moins cruel dans la torture"finale".. »
En aucun cas, selon moi, les masses qui se déplacent, les intentions de votes annoncées ne sont de volonté affichée de plebisciter les propositions de JLM, plus"maximalistes" que celles de Hollande !
L’illusion c’est quand on croit ou qu’on fait croire que le PS devra "gauchir" , non pas les discours-pour çail ya Hamon ou Montebourg-..mais les ACTES post- 6 mai, en fonction du score JLM !!
C’est là que le PCF (excuse moi. Wink "oublie" le BA-BA du marxisme. !
Pour r "conscientiser" la nécessité absolue d’un scénario à la 1936( votes suivis d’OCCUPATIONS et de mobilisation populaire sans précédent alors).., il faudrait "OSER la VERITE," "toujours révolutionnaire" selon Gramsci.
C’est à dire expliquer que la Lutte de classes ce n’est pas un concours de"simple" réveil du peuple par tribunicien de qualité.
Expliquer que la question est moins de"prendre LE pouvoir" que d’arracher LES POUVOIRS de décisions à CEUX qui possèdent. En les dépossédant , ce qui n’est pas une"révolution citoyenne" par étapes ou le charisme nourrit la colère, sans que, les travailleurs ne "passen tà l’acte" ,sachant qu’une Organisation révolutionnaire sera là pour AIDER sans rien corseter..
Mais si la direction nationale du PCFparlait comme moi, tu ne seraispas un militant respectable qui contribuera à ce que Mélanchon fasse un score suffisamment élevé pour...permettre l’étape prochaine de marche versin genre de DIELINKE, ou " lzquierda Unida " à la française..
Dire cela ,qui justifie mon appel au BOYCOTT ne saurait être contradictoire avec une appréciation que je partage sur l’analyse de ce qui est en train de bouger dans ce Pays , en tant que"envie" de "TOUS ENSEMBLE""..
Mon souci c’est de ne pas faire prendre les vessies de l’intérêtt appréciable que fait naitre tout ce qui "tourne" autour de laradicalité, pour les lanternes qui éclaireraient la marche vers le Communisme..
Pierre DAc disait"sinon on se brûle"..
Smile
Pour être très franc, en ce qui concerne manoeuvres, arrières pensées , tactiques, et récupérations de cette "exception française", permets moi une" provoc.".
A Marseille , les FRALIB qui ne veulent pas être" récupérés" ont raison de RECUPERER l’occasion def aire la démonstration de leur tenacité révolutionnaire
..
l’Histoire ne s’écrivant que dans le processus d’affrontement de classes, , ce 12 AVRIL, je suis persuadé que JLM, Hollande et tant d’autres (syndicalistes dirigeants tétant le biberon CES..etc etc) se seraient bien passé de ce scénario de printemps..
Voilà qui me’ a afit dire que"OUI, attention aux miches de ceux qui font lever du VENT...et qui voudraient éviter la TEMPÊTE".
Mais ni toi ni moi, Camarade P.Barbazange, n’avons la prétention de prédire le futur..
Et notre désaccord sur les "outils" nécessairesà la Révolution n’empêche pas de réfléchir ensemble à "Comment VAINCRE" : Ex ou actuel dirigeant , ne sommes nous pas COMMUNISTES, et donc refusant la vanité de ceux qui "savent"........................... ;
Cordialement
A.C

jeudi 12 avril 2012 à 05h49 - par Rouge Midi
Paul, ok pour le "en premier lieu"

mercredi 11 avril 2012 à 22h58 - par Barbazange

L’edito de Rouge Vif pleinement dans l’actualité, aidera peut être des militants à y voir plus clair.
Tout comme leur participation au rassemblement avec Mélenchon le 14 à Marseille.
Je m’y reconnais totalement car il ne se contente pas de décrire le mouvement en cours, le mouvement possible, il invite à réfléchir à ce que nous pouvons faire tout de suite, en dépassant peut être à cette occasion quelques clivages antérieurs.
Mouvement en cours, possibilités, incertitudes, risques.
Risques de toute façon moins importants que le retour pour cinq ans de Sarkozy, du MEDEF, du talon de fer de l’Europe du capital.
Une forte réserve cependant quand une phrase en italique de la fin du texte "et en premier lieu obliger les"tribuns"à faire gaffe à leurs miches, dans les semaines et les mois qui viennent..
C’est le "premier lieu" qui me semble erroné.
Le mouvement est en train de modifier de façon importante une situation et "en premier lieu" il faudrait... Non, et non. Cela ne correspond ni aux possibilités politiques ni surtout aux besoins de l’heure.
Le "premier lieu" ce sera de commencer très vite à faire rendre gorge aux profiteurs après leurs années de goinfrerie : SMIC à 1700€, minimas sociaux, retraites à 37,5 annuités...code du travail etc ... tout ce qui occupe de plus en plus de place dans la campagne, les assemblées du Front de gauche.
En quelques semaines tout se jouera. En particulier dans ces quartiers et ces villes de relégation où la vie est insupportable et l’abstention massive. C’est à ce prix seulement que nos camarades de "misère" pourront reprendre une place dans la lutte et sans eux rien de durable ne sera possible.
Ainsi "les tribuns" seront par la force du développement du mouvement remis à leur place !
Je pense de plus que tout se joue en grosse partie dés la séquence électorale (présidentielle, législative)...Après il sera déjà trop tard. Je comprends que Rouge vif regarde d’abord le programme du Front de gauche et ses insuffisances, regardons aussi celui du PS : c’est grave. Comme sont graves certaines des positions de dirigeants syndicaux et autres par rapport à l’Europe.
Et il faudra faire sauter toute ces digues.
Ce ne sont pas les attitudes des tribuns qui définiront notre avenir, comme toujours ce sont les mouvements populaireset leurs résultats palpables qui obligeront.
Alors qu’un tribun enfin brillant participe à une étape du mouvement ne va pas nous inquiéter de trop, donnons vie aux affiches du Front de gauche : "Prenons le pouvoir".
Essayons au moins.
Paul Barbazange

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