METTRE L’HUMAIN EN MOUVEMENT, SE METTRE EN MOUVEMENT. Pierre Assante, 20/02/2009

Aller en bas

METTRE L’HUMAIN EN MOUVEMENT, SE METTRE EN MOUVEMENT. Pierre Assante, 20/02/2009

Message par Admin le Ven 26 Avr - 14:10

METTRE L’HUMAIN EN MOUVEMENT,
SE METTRE EN MOUVEMENT.
Produire et échanger ce dont les humains ont besoin pour vivre, sont deux fonctions
d’un même mouvement indivisible.
La crise que nous connaissons est une crise de production : la suraccumulation des
capitaux par rapport aux besoins d’échange constitue un blocage à l’équilibre en
mouvement de ces échanges et la suraccumulation est la conséquence des lois de
l’échange en système capitaliste.
La suraccumulation est la cause des cycles courts et long des crises économiques.
Celle de 1929 est une des illustrations les plus connues de cette réalité.
Celle que nous connaissons aujourd’hui est d’un autre ordre : elle se télescope, cause
et conséquence, avec la mise en oeuvre mondiale des techniques informatiques qui
multiplient immensément dans le temps et l’espace les capacités de production et par
la même les phénomènes de suraccumulation.
C’est dire que les mesurettes, même si elles se chiffrent par d’énormes milliers de
milliards aux banques face aux aumônes apparentes mais en fait aux régressions
réelles des revenus du travail des salariés, c’est dire que ces mesurettes ne résoudront
pas la crise de suraccumulation.
Rétablir la circulation des échanges nécessaires à la vie humaine n’a qu’un remède :
une circulation autre que celle des lois du profit, les lois du capital. Notre esprit, notre
vie quotidienne, notre formation sont si habitués (habitus) au type de circulation dans
lequel nous sommes nés et dans lequel nous vivons, que nous devons en quelque
sorte violer notre conscience pour imaginer un autre type d’échange. C’est la raison
pour laquelle nos manifestations, nécessaires, qui grandissent, ne consistent encore
aujourd’hui plus en un NON heureusement de plus en plus clamé, et violent aussi,
qu’une construction d’alternative encore en gésine, y compris celle des
« transitions ».
Produire et échanger ce dont les humains ont besoin pour vivre n’est pas seulement
constitué des objets palpables. L’humain est un animal doué de pensée qui a
développé, dans et par sa production palpable, des représentations, des sciences, des
constructions symboliques, des sentiments qui y sont attachés, ce qui ne contredit pas
le rôle de l’économie en dernière instance.
L’attachement à la culture, aux cultures qui sont les nôtres, celle de chaque humain et
entité humaine restreinte ou générale, n’est donc pas un supplément d’âme, comme
certains l’imaginent à tort, mais une réalité dans la multitude et la diversité des
réalités, de la réalité indivisible, sans quoi le pain quotidien, malgré le besoin
physiologique dont nous en avons, serait insuffisant à notre survie. D’ailleurs le pain
lui-même comme toutes nos productions palpables contient une réalité, une
construction et une valeur symboliques indivisibles de sa réalité palpable.
Comment donc faire en sorte que la culture, les cultures, politiques entre autres, ne
soit pas considérée comme coupée de la bataille revendicative, politique et
économique, car si elle en est coupée, elle ne peut qu'être inopérationnelle et
instrumentalisée par des politiciens opportunistes (il ne faut pas mettre tout le monde
dans le même panier, ce qui demande du discernement) et-ou momifiée par les
mainteneurs.
Ni opportunisme, ni maintenance, mais recherche et pratique dans un aller-retour
simultané, unifié, autant que faire se peut, c’est le souci de tout militant.
L’être humain est un processus dans et par le processus social et dans et par le
processus naturel général. La biologie humaine comporte deux caractéristiques liées
qui se retrouvent dans tous les processus de vie, attachées à la survie de l’espèce et
qui lui permettent le mouvement en fonction des besoins. On dit sous forme de
proverbe : « Tu peux couper les oreilles de l’âne en pointe, tu n’en fera pas un
cheval ». Ce proverbe veut caractériser la bêtise de l’âne par rapport au cheval. Mais
elle ne caractérise que les capacités du cheval à la course. La fuite est sa défense.
L’âne qui refuse d’avancer, qui arrête son mouvement apparent fait face à un danger
réel ou apparent. Cette mesure de prudence caractérise l’homme aussi. C’est la raison
des difficultés pour mettre en mouvement « les masses » qui sont prudentes,
angoissées et égoïstes, actives et solidaires, et ne sont pas des ânes, malgré nos
héritages d’espèce communs avec lui. Heureusement prudence, sinon, car, nous
assisterions aussi et surtout à des seuls mouvements incohérents, ce qui ne fait pas un
mouvement ni une direction du mouvement.
Angoisse qui pousse à rechercher à agir devant le danger, le besoin, égoïsme qui
pousse au repliement défensif comme l’arapède à l’évolution si lente sur son rocher,
confrontés à la raison non en tant que valeur abstraite, mais en tant que processus
comme tout objet, raison qui est une production proprement humaine, deviennent
lutte et solidarité. On peut d’ailleurs retrouver par la recherche scientifique les
productions chimiques et électriques du corps vivant en général et du corps-soi pour
l’humain, qui sont liés à l’égoïsme et à l’angoisse, ce qui ne veut pas dire que ce ne
sont pas des sentiments humains.
Séparer l’activité physico-chimique du corps humain des sentiments et du jugement
de valeur qui nous animent est une culture proprement religieuse, même lorsqu’on se
prétend matérialiste, et le croyant peut être plus conséquent sur son approche de la
réalité humaine, ses valeurs et ses sentiments que le matérialisme imbécile. Le
processus, le mouvement des sentiments et des valeurs qui nous animent sont par et
dans la réalité indivisible du corps-soi, c'est-à-dire du corps dans la réalité indivisible
sociale et naturelle. Le christianisme, dans sa phase constitutive, dans sa protestation
à la société marchande et patriarcale qui s’installe et à la loi humaine qui en découle,
lie et ne nie pas la nourriture tangible à sa représentation symbolique en tant que
corps-soi, dépassant ainsi des interdits qui ne seront pas abolis mais contestés, dans
les périodes de mouvement populaire y compris religieux, de lutte, mais seulement
dans ces moments, petits ou grands.
La dé-adhérence relative de l’imagination à la réalité, l’aller-retour simultané permis
par les aptitudes et capacités humaines, aller-retour de la construction conceptuelle à
l’observation « pure », processus indispensable de la pensée, est tributaire comme
toute chose humaine, du processus de la volonté et de la nécessité qui sont l’une dans
l’autre, indivisibles. La merveilleuse libération relative et abstraite de l’ici et
maintenant peut connaître des avatars tels que l’anorexie ou le nazisme en tant que
libération abstraite du corps (en niant le corps-soi, social) et-ou de la société réelle.
Dans le nazisme, et toute forme extrême de volonté d’un groupe de s’abstraire de la
volonté du peuple, de s’abstraire de la réalité du peuple, il y a la volonté de
domination de la classe dominante de nier les besoins collectifs au profit de ses
intérêts immédiats apparents.
Bien sûr je ne fais pas une assimilation de la volonté d’abstraction de son propre
corps dans certains phénomènes religieux ou dans l’anorexie ou son contraire, la
boulimie, avec le nazisme, mais il y a cependant cette volonté de contraindre non par
une violence directe envers les autres, mais une violence avec son propre corps.
Il existe aussi des conjonctions organiques de cette violence issue de l’abstraction
« pure » avec la violence collective, des dé-adhérences collectives, des inconscients
collectifs relativement et abstraitement déconnectés de la totalité de leur histoire
pour ne se « référer qu’à la part égoïste », ce en quoi l’on voit que la « préservation
pure » conduit finalement à l’insécurité la plus totale. Il faut positivement non pas
vouloir nier l’égoïsme, mais lui « faire sa part », c'est-à-dire ne pas le déconnecter
abstraitement de l’angoisse et de la volonté de mouvement de l’angoisse. Mais même
dans ce cas la volonté de mouvement n’est pas protégée de la dé-adhérence abstraite
« pure », car le processus rencontre sans cesse des bifurcations et l’aléatoire auxquels
il faut répondre par l’aller-retour conceptuel permanent.
Sur les concepts de corps-soi et de dé-adhérence conceptuelle, il est indispensable de
se référer aux travaux d’Yves Schwartz.
Sans faire de cette réflexion sur la culture, les représentations, les sciences, un but en
soi, nous pourrions la lier aux différentes activités qui sont les nôtres et à celle de tous
ceux avec qui nous travaillons en accord et-ou en désaccord.
En tout cas nous en avons fait une introduction personnelle au débat sur la mise en
mouvement des individus.
Pierre Assante, 20/02/2009

Admin
Admin

Messages : 20
Date d'inscription : 16/04/2013
Age : 65
Localisation : BERGERAC 24

Voir le profil de l'utilisateur http://assisessducommunisme.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum